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La protection des données personnelles


 
  P3P et protection des données personnelles...
Dossier du bulletin de la semaine du 31 juillet au 6 août 2000 par Franck Garnier

a présentation à New York, à la fin du mois de juin dernier, des spécifications du P3P (Platform for Privacy Preferences) a ravivé, aux Etats-Unis, le débat relatif à la protection des données personnelles sur le Web. Ce protocole destiné à devenir un futur standard, et qui se veut un nouveau moyen de préservation de la vie privée, est cependant bien loin de faire l´unanimité puisqu´il a déjà subi des attaques virulentes de la part de plusieurs organisations de défense des internautes.

Les spécifications du P3P  

Le P3P est développé depuis 1997 par le W3C (World Wide Web Consortium), l´organisme international chargé d´assurer la promotion d´Internet et de définir ses standards. On ne s´étonnera donc pas de retrouver parmi ses membres tous les poids lourds de l´industrie informatique et du Web, tels que Microsoft, AT&T, IBM, AOL ou encore DoubleClick (voir la liste complète).

Ces trois années, marquées par nombre de tergiversations, ont finalement abouti à la mise en place de la version 1.0 du P3P qui propose la standardisation du vocabulaire utilisé par les sites Web pour décrire leurs pratiques en matière de collecte et de respect des données.

On y trouve aussi un système d´affichage de ces mêmes pratiques dès l´instant où l´internaute pénètrera sur un site utilisant le protocole. Dans le même temps, il lui sera possible de configurer son navigateur en lui indiquant les renseignements qu´il ne souhaite pas communiquer. Des pop-up devrait l´informer automatiquement des différences entre ses propres critères et les pratiques du site. Libre alors à lui de le quitter de continuer sa visite.

A première vue ce protocole semble présenter de réels avantages pour les internautes puisqu´il leur assure un droit de regard sur les circonstances du transfert de leurs données. En fait, les problèmes qu´il pose sont nombreux, et ils n´ont pas manqué d´attirer l´attention des associations américaines de protection de la vie privée sur le Net.

Les avancées dans le domaine de la protection des données personnelles
 

Pour l´instant ces outils ne sont pas disponibles sur le marché. Microsoft a cependant annoncé qu´il devrait les intégrer à la prochaine version d´Internet Explorer. IBM, AT&T et AOL ont déclaré qu´ils seraient rapidement introduire sur leurs sites respectifs. Celui de la Maison Blanche (Bill Clinton a officiellement apporté son soutien au projet) et plusieurs sites officiels de l´administration américaine devraient aussi rapidement en être équipé.

Les défenseurs du P3P considèrent qu´il augmentera la transparence dans le domaine des pratiques liées au recueil de données. Il fournira un moyen aux internautes de décider des circonstances dans lesquelles ils souhaitent autoriser la collecte d´informations les concernant.

La standardisation du vocabulaire le rendra sans doute bien moins ambigu et complexe qu´il ne l´est aujourd´hui. Il ne sera également plus nécessaire d´aller chercher ces renseignements à travers les pages d´un site puisqu´ils s´afficheront dès votre arrivée.

Les membres du W3C, qui affirment avec lucidité que le P3P n´est pas la panacée en matière de respect de la vie privée, tiennent à ce qu´il soit regardé comme une étape vers une meilleure protection et une meilleure information des internautes. Car il est parfaitement clair qu´aujourd´hui un nombre considérable d´entre eux n´ont pas conscience des traces qu´ils peuvent laisser au cours de leur surf et surtout du nombre d´informations que sont capable de récolter les sites. Le P3P pourrait, à terme, provoquer une prise de conscience plus générale sur tous ces problèmes.

Vu sous cet angle on peut d´ailleurs supposer que les internautes finiront progressivement par se tourner vers les sites qui se montreront les plus respectueux envers leurs informations personnelles, ce qui serait susceptible de favoriser une autorégulation plus efficace de la part des professionnels. Il importe cependant de ne pas s´emporter trop rapidement sur les capacités du protocole, car sa mise en place risque d´avoir des conséquences inverses de celles annoncées.

Un protocole qui pose de sérieux problèmes éthiques

Dans un rapport au titre explicite (« Pretty Poor Privacy : An Assessment of P3P and Internet Privacy »), deux des plus puissants groupements de défense de la vie privée sur le Net, l´EPIC (Electronic Privacy Information Center) et Junkbusters ont présenté une critique radicale du P3P, qui permet de cerner plusieurs de ses limites, et elles sont de taille.

Tout d´abord, aucune instance de contrôle ne permet de vérifier que les déclarations qui seront faites par les sites correspondent effectivement à leurs pratiques réelles. Cette lacune est d´ailleurs parfaitement admise par le W3C.

De plus, comme il est basé sur une démarche volontariste, il faudra qu´un nombre suffisant de sites l´adoptent pour qu´il soit véritablement efficace. La question est de savoir si les sites qui récoltent le plus de renseignements sur les internautes accepteront de jouer la carte de la transparence, et à ce sujet il est légitime d´avoir de sérieux doutes.

Il existe aussi un risque évident de voir le P3P répéter les problèmes posés aujourd´hui par les cookies : pour refuser qu´un cookie soit placé dans votre machine il faut configurer votre navigateur. Si vous ne l´avez pas fait, le cookie est déposé automatiquement sans que vous en soyez averti. Avec le P3P, lorsque l´internaute n´aura pas configuré son navigateur, un site pourra considérer que celui-ci ne s´oppose pas à la collecte de ses données personnelles. L´existence du P3P pourrait donc finalement servir de caution à certains professionnels du Web.

Sans parler d´une navigation qui devient forcément beaucoup moins fluide. Tous les internautes qui ont un jour configuré leur navigateur afin d´être averti dès qu´un cookie allait être déposé savent à quel point cela rend la navigation pénible. Il est en effet nécessaire de cocher une case dans la fenêtre qui s´ouvre automatiquement pour autoriser l´arrivée du cookie, ce qui devient rapidement désagréable vu le nombre de sites qui utilisent cette technique, voir franchement insupportable lorsqu´un site installe des cookies sur chaque page.

Une autre lacune : rien n´a été prévu pour ce que l´on appelle les « tiers » (« third party »), tels que les régies publicitaires qui posent des cookies au moment ou l´on clique sur une bannière. En entrant sur un site, l´internaute sera t-il prévenu des pratiques de ce tiers ? Et comment le protocole gérera t-il le fait que le site et la régie publicitaire risquent de ne pas appliquer les mêmes politiques ?

Enfin, l´EPIC et Junkbusters estiment que le P3P réduira l´accès à l´information, lorsque les préférences de l´internaute et les pratiques du site ne se rejoindront pas. L´exemple qu´ils présentent à l´appui de cette thèse est d´ailleurs particulièrement parlant : si un internaute a configuré son navigateur en indiquant qu´il ne souhaite pas communiquer son adresse personnelle, excepté dans le cas où il achèterait un article livrable à domicile, et s´il souhaite se connecter sur le site d´un journal qui recueille cette donnée pour pouvoir accéder aux informations, il sera alors obligé de quitter le site ou bien de revenir sur son choix. On objectera cependant à cet argumentaire que cette situation est déjà tout à fait courante, et que par conséquent le P3P, s´il ne la règle pas, ne l´aggravera certainement pas non plus.

Autorégulation contre législation

Simple hasard du calendrier ? La présentation des spécifications du P3P est intervenue tout juste un mois après que la FTC, la commission fédérale du commerce américain ait indiqué dans un rapport qu´il devenait urgent de faire voter des lois protégeant les données privées des internautes, vue l´incurie qui prévaut aux Etats-Unis en ce domaine. Cet organe qui s´était jusqu´à présent toujours montré favorable à l´autorégulation marquait ainsi sa détermination face à l´inertie des professionnels de l´e-business.

Réagissant à ce rapport, B. Clinton avait alors rejeté les conclusions de la FTC et réaffirmé sa confiance dans l´autorégulation. Signalons que la Maison Blanche a d´ailleurs salué le protocole comme un autre exemple « du soutien apporté par le président et le vice-président au leadership du secteur privé dans le commerce électronique » (en pleine campagne pour les présidentielles il est toujours préférable de ne pas se mettre à dos le secteur privé).

Ce qui provoque les réactions de l´EPIC ou de Junkbusters c´est en fait tout autant la nécessité de dénoncer les lacunes évidentes du projet, que la crainte de voir les professionnels continuer à régler seuls les problèmes liés au respect de la vie privée sur le Net. La situation existante n´étant que le résultat des pratiques qu´ils ont organisé et qui leur ont permis de réaliser d´importants bénéfices en revendant les informations dont ils disposaient sur les internautes, il est légitime de s´interroger sur le fait qu´aujourd´hui ils voudraient mettre au point un système qui briderait leurs activités. Mais il se peut aussi que la démarche du W3C soit dictée par la prise de conscience que le développement du commerce électronique passe nécessairement par la mise en place de politiques destinées à restaurer la confiance des utilisateurs et par la crainte de voir se mettre en place un arsenal législatif beaucoup plus restrictif, s´ils n´agissent pas suffisamment rapidement pour montrer leurs bonnes intentions.

Le P3P doit donc être regardé comme une pierre, certes mal taillée, dans l´édifice en construction d´un Réseau véritablement soucieux de la vie privée des internautes. Mais pour y parvenir il apparaît de plus en plus clair que les Américains ne peuvent passer outre la mise en place d´une législation efficace, comme c´est le cas en Europe.

On rappellera enfin qu´en matière de protection de la vie privée il existe déjà un certain nombre d´outils pour se protéger : logiciels de surf anonyme, contrôle et désactivation des cookies, filtres... (pour un aperçu de ces solutions).

 
FRANCK GARNIER
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