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  SSII, mon amour
Dossier "SAM Le Directeur" du 18 septembre au 1 octobre 2000 par François Chaulet

onséquences logiques à l'avènement de l'ordinateur et de sa démocratisation, le secteur des nouvelles technologies tient le haut du pavé ces dernières années. Les services qui y sont liés ont suivi le même trend de croissance.

Considérée pendant très longtemps comme un poste de coût, l'informatique est apparue à juste titre au milieu des années 90, comme un centre de profit car elle permet aux entreprises de faire des économies substantielles et d'améliorer ainsi leur position concurrentielle. Les budgets investis par les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité, ont donc considérablement augmenté. Majoritairement dédiés, au début des années 90, aux matériels, ces budgets se sont de plus en plus orientés vers les services qui représentent aujourd'hui près de 70% des dépenses totales.

Après la modernisation nécessaire de l'outil informatique, l'arrivée de l'Euro et le passage obligatoire à l'an 2000 ont amplifié de façon considérable, mais sur une période limitée (1997-1999), les budgets alloués.

L'avènement d'Internet et la nécessité pour ces mêmes entreprises d'assimiler cette nouvelle technologie a pris le relais de cette croissance ; Internet transforme la demande. Les systèmes d'information des entreprises doivent ainsi intégrer l'ensemble de la chaîne de traitement, depuis le site web jusqu'à la livraison en passant par la gestion de la relation commerciale et celle de la chaîne logistique. Le " e-commerce " induit également des systèmes d'information capables de gérer la sécurité sans laquelle il ne peut y avoir de commerce en ligne.

L'accélération de la convergence de l'informatique et des télécommunications (notamment liée à l'arrivée de la fameuse norme UMTS) entraîne une adaptation de ces même systèmes d'information.
Cette tendance de fond (croissance des investissements) s'accompagne d'une tendance à l'externalisation de plus en plus forte. En effet, les grandes entreprises se recentrent depuis maintenant plusieurs années sur leur métier de base afin d'améliorer leur rentabilité et ont pris conscience, non seulement du rôle vital de l'informatique en tant qu'atout compétitif, mais de la nécessité de l'externaliser afin de la faire gérer par des spécialistes.

Premières bénéficiaires : les SSII (Sociétés de Service en Ingénierie Informatique)

Après une année 1999 exceptionnelle pour l'ensemble des acteurs (effets euro-2000 oblige !), l'année 2000 apparaît comme un exercice de transition. En effet, la première partie de l'année a vu la demande se tarir du fait de la vérification des systèmes d'information après le changement d'année, retardant la mise en œuvre des nouveaux projets. De plus, la forte croissance de la demande induit un besoin en ressources humaines de plus en plus important et les SSII doivent prouver leur capacité à employer et fidéliser leurs salariés, première richesse de ces sociétés.
Cette pénurie de main d'œuvre, amplifiée par le passage aux 35 heures, la nécessité d'atteindre une taille critique et de pouvoir proposer une prestation globale à la clientèle poussent les SSII, à l'instar d'autres secteurs, dans un mouvement de concentration. La récente fusion d'Ernst & Young et de Cap Gémini, celle annoncée début septembre entre Atos et Origin (filiale informatique du néerlandais Philips) le prouvent.

Si le marché a, ces deux dernières années, plébiscité les SSII (leur parcours boursier en témoigne), les incertitudes évoquées ci-dessus ont installé une certaine défiance des investisseurs à leur égard. Certes les perspectives restent favorables, mais les investissements nécessaires pèsent, à court terme, sur leur rentabilité et les taux de croissance affichés, du fait d'une base de comparaison 1999 très élevée, paraissent insuffisants. Seules, les pures web agencies ou hébergeurs, inexistants il y a encore 2 ans ont pu afficher des taux de croissance insolents. Leurs pertes aussi.

Après une quasi-stagnation des cours de ces valeurs durant l'été, celles-ci semblent relever la tête depuis mi-août. Cette hausse provient en partie des bons résultats annoncés mais surtout de valorisations qui peuvent apparaître faible au vu de leurs perspectives et comparativement à des valeurs technologiques nettement plus chères.
Si la reprise de l'activité (c'est à dire le retour à une croissance annuelle supérieure à 15%) n'est pas attendue avant la fin de l'année, il n'en reste pas moins que les SSII sont les rares sociétés à bénéficier d'une très forte visibilité. L'exemple d'Atos, dont le chiffre d'affaires est à plus de 50% récurrent, du fait de contrats pluriannuels en témoigne.

François Chaulet / Richelieu Finance
www.richelieufinance.fr
Tel : 01 42 89 00 00

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